Actualités
Un nouvel espoir pour les personnes atteintes d’asthme allergique sévère ?
Et si l’on pouvait reprogrammer de manière ciblée le système immunitaire impliqué dans l’asthme allergique ? C’est précisément ce que des chercheurs du CHUV à Lausanne étudient grâce à la thérapie cellulaire CAR-T. Connue jusqu’ici principalement en cancérologie, cette technologie pourrait, à long terme, ouvrir de nouvelles perspectives pour les personnes souffrant de maladies allergiques sévères.
Nous en sommes toutefois encore au stade de la recherche. Il est donc beaucoup trop tôt pour parler d’un nouveau traitement de référence. Le Prof. Dr Yannick Muller nous explique pourquoi cette approche suscite néanmoins un réel intérêt et ce qu’elle pourrait signifier, à terme, pour les personnes concernées.
Qu’est-ce qui rend cette étude particulière ?
Yannick Muller : Jusqu’à présent, la technologie CAR-T est utilisée principalement pour éliminer des cellules malades, comme par exemple dans le contexte d’un cancer. Nous cherchons à savoir si ce principe pourrait également permettre de réguler la réponse immunitaire, celle qui à l’origine de l’asthme allergique. Il s’agit d’une approche innovante, qui en est encore à un stade précoce de développement.
Quelles pourraient être les retombées pour les personnes atteintes d’asthme allergique sévère ?
Yannick Muller : Si cette approche s’avère sûre et efficace, elle pourrait, à long terme, offrir une nouvelle option thérapeutique aux personnes dont l’asthme n’est pas suffisamment contrôlé par les traitements actuels. Le but de cette approche serait de pouvoir traiter la cause de l’allergie et non les symptômes, ce qui est possible de faire uniquement à travers des désensibilisations qui sont longues et qui ne s’adressent pas aux personnes souffrants d’un asthme sévère. À ce stade, il s’agit toutefois uniquement de recherche. Les traitements disponibles aujourd’hui restent la prise en charge de référence.
Cela signifie-t-il qu’il sera possible de guérir l’asthme ?
Yannick Muller : Il serait prématuré de l’affirmer. Notre objectif est d’abord de déterminer si nous pouvons agir de manière ciblée sur les mécanismes immunitaires responsables de la maladie. Les études devront montrer si cette approche permet d’obtenir un effet durable.
Quand les personnes concernées pourraient-elles en bénéficier ?
Yannick Muller : Le développement de nouvelles thérapies cellulaires demande beaucoup de temps. Même si les premiers résultats sont encourageants, plusieurs années seront nécessaires avant qu’un tel traitement puisse être proposé en dehors des essais cliniques. Notre rôle comme centre académique est de démontrer des preuves de concepts. Si les résultats obtenus sont encourageants, alors le développement de cette technologie pourraient alors nettement s’accélérer grâce au secteur privé.